Je dois confier mon bébé pour retravailler

SEPARATION

ADAPTATION

EVOLUTION!

Après la naissance qui est naturellement la première séparation physique importante entre un bébé et sa mère, il y a le sevrage et ……le jour où maman doit reprendre le travail !

C’est l’heure de confier votre bébé…  L’étape est importante, il est normal de l’appréhender.

Vous ne faisiez qu’un avec votre enfant, il va falloir désormais faire confiance à une personne  « étrangère », et … le perdre de vue, de bras,  pendant de longues heures quotidiennement.

Cette séparation peut être douloureuse pour vous qui vous retrouvez partagée entre votre rôle de maman et votre épanouissement professionnel. Vous vous sentez coupable de manquer à votre mission sécurisante et apaisante auprès de votre jeune enfant qui est encore si dépendant de vous.

Aussi, vous inquiétez-vous de la quantité et de la qualité des soins qui lui seront apportés pendant votre absence.

Le ressenti de votre enfant quant à cette séparation va dépendre en grande partie du vôtre, l’angoisse de la maman se transmettant directement à son enfant.

Appréhender cette aventure avec sérénité va alors être la clé d’une séparation réussie.

Votre enfant peut être au début surpris par la survenue d’un mode de garde extra-familial, toutefois il s’adaptera rapidement à cette nouvelle situation et éprouvera même du plaisir, d’autant plus si cette séparation est faite précocement (entre 2 et 6 mois). Il est important de savoir que la garde extra-familiale demeure bénéfique pour votre enfant car elle va lui permettre d’instaurer de nouvelles relations, d’assumer de nouveaux rôles et ainsi d’expérimenter sa propre autonomie.

Cette séparation demeure cependant une période sensible qui mérite d’être anticipée et préparée.

La crèche prévoit  une période d’adaptation durant laquelle vous pourrez apprendre à connaître les auxiliaires qui s’occuperont de votre enfant et à établir une confiance réciproque…et ainsi de vous rassurer !

Ce temps d’adaptation est aussi l’occasion de poser des questions, mais aussi formuler vos attentes en matière d’éducation et de soins pour votre enfant.

La séparation exige toujours un apprivoisement pour la mère comme pour l’enfant. Et il y a des enfants plus « agrippés » à leur mère que d’autres. Il convient donc de respecter le rythme de chacun.

Qu’est-ce qu’une adaptation réussie ?

Le principe de l’adaptation, c’est de passer le relais, en douceur, à un autre adulte, qui s’occupera de l’enfant pendant la journée.

Il faut créer un nouveau lien entre le bébé et cette autre personne et surtout le rassurer.

Quelques mots clés : faire confiance, déléguer, dédramatiser !

Faites vraiment confiance aux personnes qui vont s’occuper de votre enfant. Ce sont des professionnelles expérimentées.

Déléguer : même si vous avez transmis le maximum d’informations sur les habitudes de vie de votre bébé, il y aura bien sûr des petites différences, mais ça lui permet d’expérimenter autre chose. Il en sera encore plus riche et curieux!

Ne pas se vexer : parfois bébé peut vous faire « payer » votre retour tardif ou votre absence de la journée, il va se mettre à hurler au moment où vous venez le chercher. Il va s’accrocher à l’auxiliaire, faire une colère ou « juste » vous bouder.

Efforcez-vous à ne pas le prendre mal. Il tourne la tête en vous voyant ? Hop, dites-lui que vous êtes contente de le retrouver et envoyez-lui un petit bisou de la main. Parlez-lui, confiez-lui qu’à vous aussi, il vous a manqué un peu et que vous comprenez qu’il soit un peu triste ou mécontent. C’est un petit être, il a déjà ses sentiments, et il faut les respecter.

De votre côté, protégez-vous : c’est normal ! Votre bébé ne vous déteste pas car vous travaillez : au contraire, il vous montre – maladroitement – à quel point il tient à vous.

Se séparer, une épreuve qui fait grandir

Indispensables au développement du petit enfant, les premières séparations sont un passage souvent plus difficile à vivre pour la mère que pour le bébé.

Tout dépend de l’histoire de chaque maman : selon son histoire personnelle, chaque mère peut vivre cette séparation comme un véritable arrachement ou un simple pincement au cœur. Car ce moment clé dans la relation entre une mère et son bébé fait écho à toutes les expériences précédentes d’abandon ou de perte qui peuvent avoir fragilisé une femme.

Quand la souffrance n’est pas parlée, elle s’exprime parfois par le corps de la mère ou, plus fréquemment, par celui de l’enfant qui somatise : troubles du sommeil, refus alimentaire et fièvres du dimanche soir sont autant d’indices d’un mal-être à prendre en compte s’il s’inscrit dans la durée. Il faut alors ne pas hésiter à en parler.

Une aide possible pour votre bébé : le doudou qui  constitue un « objet transitionnel » entre votre domicile et le lieu d’accueil, entre vous et les professionnelles.

Symboliquement associé à sa maman, cet objet constitue un repère clé pour votre enfant, permettant un sentiment de continuité et de sécurité. Grâce à cet objet emblématique, votre enfant intériorisera une partie de vous et pourra ainsi se séparer sans se sentir menacé.

Les enfants s’adaptent très bien. Surtout si vous avez pris soin de lui parler, sans dramatiser surtout ! La reprise du travail, la garde, la séparation, cela fait partie… de son évolution et de la vie.

Quelques erreurs à éviter ?

Ne rien dire à son enfant, et le « jeter » à la crèche sans explication, sous prétexte qu’il est « trop jeune pour comprendre ».

Quitter la crèche en catimini, sans que l’enfant voie papa ou maman partir, pour éviter qu’il pleure. C’est dangereux car cela signifie pour lui que ses parents peuvent disparaître à tout moment, sans explication. Cela peut être source d’angoisse qui risque de le réveiller la nuit, pour être sûr que ses parents sont là. Il faut donc dire au revoir à son enfant, lui dire qu’on reviendra le chercher le soir… et accepter qu’il manifeste son mécontentement par des pleurs. La plupart du temps d’ailleurs, il se calme dès que sa mère ou son père a fermé la porte !

Faire de « faux départs » de la crèche, c’est-à-dire revenir dans le service après avoir dit « au-revoir » à l’enfant. L’enfant en déduira que son parent va revenir malgré ses adieux et peut rester derrière la porte à l’attendre !

Il est indispensable d’expliquer la situation : « Je dois rependre le travail et tu vas donc rester la journée à la crèche, où on s’occupera bien de toi. Et je reviendrai (ou papa viendra) te chercher tous les soirs. Ne t’inquiète pas, je retourne travailler mais je t’aime toujours autant ! »

Il faut parler à son enfant quel que soit son âge, même s’il semble trop petit pour comprendre. « Je te laisse pour aller au travail, mais je reviendrai ce soir te chercher, et je penserai à toi pendant toute la journée ». Ces mots rendront la séparation plus douce.

Si le bébé ne peut saisir le sens des mots, il est sensible à l’intonation de la voix de ses parents. Il est tout à fait naturel d’être contente de retrouver son travail, et il faut transmettre, par la voix, ce plaisir d’aller faire ce que l’on a à faire.

Voir le bon côté des choses

Cette séparation, si elle est imposée par la reprise du travail, est aussi bénéfique à l’enfant qui y gagnera des compagnons de jeu et des activités.

Mais surtout, vous et votre enfant allez apprendre à vous éloigner l’un de l’autre. Un premier jalon dans la « séparation-individuation », ce long cheminement permettant à l’enfant de devenir autonome. Le métier des parents consiste à lui permettre de se détacher d’eux afin qu’il puisse conquérir son autonomie et sa liberté.

L’enfant doit se séparer d’un monde pour pouvoir en conquérir un nouveau.

Toute séparation est une épreuve dont l’enfant sort grandi (et les parents aussi !!!)