Acquisition de la propreté chez l’enfant

DEUX MOTS CLÉS : PATIENCE ET CONFIANCE


Mon enfant sera-t-il propre pour aller à l’école en septembre ?  A l’approche de « l’échéance », vous êtes nombreux à vous soucier de cette question.

Sans compter la pression :

*scolaire (« votre enfant peut rentrer à l’école en septembre à condition d’être propre ! »)

*sociale (« mon fils est propre depuis ses deux ans ! »)

*familiale (« à cet âge, tu étais propre depuis longtemps ! »)

*économique (le budget couches n’est pas négligeable).

Et pourtant, l’acquisition de la propreté appartient avant tout à l’enfant, à sa maturité physique et à son désir d’autonomie.

Mais l’acquisition de la propreté correspond aussi à un désir des parents.

La confrontation des désirs de l’enfant et de ses parents peut alors compliquer les choses…

On parle d’acquisition de la propreté et non d’apprentissage (et encore moins de « dressage » qui peut avoir des conséquences sur la construction de la personnalité)

En effet, la propreté est une acquisition au même titre que le quatre pattes, le fait de s’assoir seul,  la marche….Cette acquisition se fait au rythme de chaque enfant avec bien sûr des phénomènes extérieurs comme l’imitation, les encouragements…..

Dans la majorité des cas, les enfants deviennent propres spontanément entre dix-huit mois et trois ans pour la propreté diurne (5 ans pour la propreté nocturne).

Cette étape longue, décisive  du développement nécessite 3 niveaux de  maturation :

1°) la maturation neurophysiologique qui lui permet de maitriser ses sphincters

2°) La maturation intellectuelle qui lui permet de comprendre les mots « pipi, caca… » et de         faire le lien entre l’acte et le mot

3°) La maturation affective et émotionnelle qui lui permet de prendre son autonomie et     nécessite que              l’enfant se trouve dans  une phase affective stable

Durant cette période d’acquisition de la propreté, il peut y avoir des « reculs », des « régressions ».

Pas de panique, le développement de l’enfant se fait souvent par une succession de  phases d’évolution suivies de petites régressions, mais au final, l’évolution l’emporte haut la main !

QUELQUES PETITS SIGNES QUI INDIQUENT QUE L’ENFANT EST PRÊT :

Le degré de motricité de l’enfant est un bon indicateur. L’enfant doit savoir se tenir assis correctement, s’asseoir, se relever et marcher seul. Il court,  monte les escaliers  et sait se relever seul quand il tombe.

Il aime les jeux d’imitation et faire « comme les grands », place et retire les objets d’un récipient, transvase….Il aime jouer à la pâte à modeler.

Il aime ranger, déranger, aligner des objets.

Il est sorti de la phase « dure » de sa période d’opposition systématique, il comprend ce qu’on lui demande et y accède plutôt volontiers.

L’enfant connaît des mots tels que « pipi », « caca », « popo ». Il comprend des demandes simples et y répond.

Il montre des signes de gêne lorsque sa couche est souillée, fait des grimaces. Il reste également au sec plus longtemps dans sa couche.

Il manifeste l’envie d’enlever ses couches et d’aller sur le pot, montre une certaine curiosité par rapport aux toilettes.

QUELQUES TRUCS POUR AIDER SON ENFANT A DEVENIR PROPRE :

Expliquer de façon simple et claire ce qui est attendu de lui

Le familiariser avec le pot et lui proposer, mais pas de façon rigide, insistante et/ou mécanique

Ne pas le laisser trop longtemps sur le pot

Il convient également d’être très clair sur les mots que l’on emploie et de ne pas tout mélanger. Par exemple, lorsque l’enfant touche de la terre ou qu’il ramasse quelque chose dans la rue, il ne faut lui dire « c’est caca, c’est sale ».

Enlever les couches même s’il y a des petits « accidents »

Lorsque l’enfant fait dans son pot, le féliciter: « tu es un grand, je suis fière que tu arrives à sentir quand tu dois aller sur le pot ! », et sans pour autant en faire trop ni se placer sur un plan affectif.

Surtout ne pas faire de chantage négatif (« si tu ne fais pas pipi dans ton pot, nous n’irons pas nous promener ! »), ni du chantage positif (« si tu fais pipi dans ton pot, je t’achèterai un jouet ! »)

Lui lire des livres spécialisés écrits sur le sujet (il existe de nombreux ouvrages très amusants)

A NE PAS FAIRE :

S’inquiéter, forcer, gronder, culpabiliser, comparer, humilier.

L’acquisition de la propreté est une phase de développement de l’enfant aussi importante que le langage et la marche tant sur le plan physiologique que sur le plan psychologique.

Devenir propre, c’est apprendre à contrôler son corps et c’est à travers les encouragements et  le soutien de ses parents que l’enfant franchira avec succès cette nouvelle étape vers l’autonomie.